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Le Patrimoine sadébrien

Entrée d’un abri souterrain

Une petite pause lors de la construction d’un abri.

HAUT  DE  PAGE.

Le 13 Février 1915

Mes chers parents,

J'ai bien reçu mon colis ce matin, je vous en remercie la santé est parfaite et je désire qu'il en soit ainsi de vous tous. Je ne sais pas comment on va faire pour boire du vin le voilà à 22 sous ce n'est pas rien, pourtant il n'y a que cela qui peut nous remonter un peu, ma foi on en boit quand même. Je vous embrasse tous de grand cœur. Maurice

Carte d'Argonne

Le 1er Avril 1915

Mes chers parents,

Je viens vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes. Je vous disais qu’on nous a supprimé le vin nous n’avons pas le droit d’en acheter alors voyez nous sommes tous punis et on ne sait pas pourquoi ce n’est pas facile que l’on aime les officiers de l’armée on voit sur le journal « du vin pour nos soldats »forcé de faire des économies enfin on s’en portera pas plus mal. Je vous envoie une vue des ruines de Clermont ; depuis 7 mois que l’on est traversé la nuit le jour, on peut les connaître. Ici il fait beau je pense que vous avez beau temps vous aussi pour faire votre travail qui ne doit pas vous manquer. J’ai reçu des nouvelles de Marcel il va bien, Henri est encore Poitiers je pense. Soyez bien assuré qu’on n’est pas malheureux sauf notre vin, si on voulait en réquisitionner ce ne serait pas la peine car c’est les « huiles » qui le boivent. Au revoir je vous embrasse. Maurice

 

Argonne,  8 Avril 1915

Chers Parents,

Je suis rendu au repos depuis hier, pour quelques jours, car on change c’est la guerre de siège. Les pièces sont là enterrées dans la forêt et on change les hommes tout simplement. Je ne suis pas malheureux du tout sauf que nous ne pouvons pas acheter de vin, je ne sais pas comment on va faire le voilà à 22 sous ce n’est pas rien pourtant il n’y a que cela qui peut remonter un peu, enfin on en meurt pas. Il y a un moment que je n’ai pas eu de nouvelles de mon frère sans doute c’est parce qu’il a changé de patlin. Je vous embrasse tous de grand cœur                Blot M.

Le 9 Avril 1915

Ma chère mère,

Je vous écris pour vous dire que j’ai reçu votre lettre recommandée, je vous en remercie beaucoup. J’ai eu des nouvelles de Marcel il va bien ; Henri m’a écrit qu’il partait à présent lui aussi, j’attends son adresse pour lui écrire je pense qu’il ne sera pas trop malheureux. Tu me dis que tu as un petit Alsacien de 15 ans il n’est pas vieux mais puisqu’on peut avoir personne il a bien fait de revenir en France vous pourrez lui dire de ma part que bientôt l’Alsace va redevenir française et vivement pour que l’on retourne, si nous étions là pour le mois de Juillet ça irait encore mais nous ne le savons pas. Je plains les prisonniers qui sont là-bas en Allemagne ça ne m’étonne pas qu’ils meurent de faim.  Maurice

 

Villebrun 28 mars 1916   7 h soir

                                                                                                 Très chers,

    Les jours se suivent et se ressemblent, même travail et même temps. Depuis midi, il est tombé 3 ou 4 giboulées et à piocher ou charger la brouette les pieds dans les souliers ne s'échauffent guère. Quelle purée, se lever le matin avec le désir que ce soit encore nuit, passer toute sa matinée à espérer 11 h et la soirée à chercher 5 heures. Bien que l'on ne travaille guère ça s'avance malgré tout tellement nous sommes, parmi ceux qui sont arrivés hier il y a bien encore une cinquantaine d'ouvriers. La nourriture à mesure que le nombre d'hommes grossit en profite pour devenir de plus en plus mauvaise, pas de légumes à part les secs, lentilles, pois cassés, fèves, haricots et macaroni, quelques carottes et presque jamais de pommes de terre. Les 2/4 de vin et de café continuent pourtant. Ne craignez pas tant que nous serons aux ouvriers les accidents, seuls les couvreurs et maçons sont susceptibles d'en attrapper. Je suis toujours bien portant et souhaite qu'il en soit de même de vous tous, surtout encore une fois ne vous tourmentez pas, ni pour moi, ni pour le travail là-bas, laissez-aller doit être votre devise. Je vous embrasse tous.
                                                                                   Louis Chabanne

L'an prochain à cette date je serais peut-être de retour parmi vous.

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