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Le Patrimoine sadébrien

La vie autrefois :       LA GNOLE

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  La gnôle / Métiers d’autrefois / Monnaies / Téléphone / Vannerie / Veillées / Vie religieuse / Voiture ancienne   

 

    Les anciens de la commune se souviennent de la production et de l'utilisation de l'eau-de-vie à Sèvres-Anxaumont dans les années cinquante-soixante. La gnôle, comme on l'appelait, se faisait surtout à partir de la râpe, c'est-à-dire ce qui reste du raisin quand il a été pressé et que le jus a été retiré. On mettait la râpe dans une barrique que l'on fermait hermétiquement. En janvier ou février, l'alambic venait à la grande fosse située au carrefour de la route des Grangeries et du chemin des Esseppes, c'est-à-dire en plein centre de Sèvres. Il allait aussi à Chantelle et à Anxaumont. La gnôle se faisait surtout à partir de la râpe car tout le monde avait de la vigne à l'époque.

     Chaque séance de fonctionnement de l'alambic était appelée une chauffe. Il y avait en général une chauffe le matin et deux chauffes l'après-midi. On venait sur rendez-vous. Il fallait d'abord passer au bureau de tabac pour avoir l'autorisation de transporter la râpe. Une chauffe correspondait à environ 300 kg de râpe ou de fruits. L'alambic produisait d'abord un ou deux litres d'alcool à 70-80 degrés ; cet alcool servait pour des usages pharmaceutiques. Ensuite on obtenait vingt litres environ d'alcool à 45 degrés. Si on en obtenait davantage, on le cachait dans le buisson et on l'emmenait par la suite. Avec de la râpe "saignante", c'est-à-dire non pressée, on obtenait normalement plus de 20 litres. En plus des fruits, il fallait apporter aussi son bois, environ 50 à 80 kg de bois bien sec pour une chauffe. Le cultivateur apportait aussi le repas de midi pour le bouilleur et lui, car le bouilleur (appelé aussi brûleur) était nourri. Les provisions pour ce pique-nique pouvaient être apportées sur un "méloué", c'est-à-dire un grand plateau en osier muni d'un rebord. Le soir, après 18 heures, il fallait un laissez-passer pour transporter la gnôle, indiquant le nombre de litres (On déclarait toujours 20 litres !). Les clients du matin attendaient 18 heures pour repartir. Bien sûr, il y avait une dégustation sur place, y compris avec les voisins, même avec des habitués. Le soir, le contrôle était fait par les gendarmes ; plus tard, il y a eu des contrôleurs.

     La quantité permise était réglementée et dépendait de la surface de la vigne. Il fallait avoir un droit pour être autorisé à faire faire de l'eau-de-vie. Mais il y avait parfois de la resquille et certains dépassaient la limite. Par exemple, ils faisaient faire 22 ou 25 litres d'alcool alors qu'ils n'avaient droit qu'à 18 litres. Aussi il y avait des contrôles. Les contrôleurs étaient surnommés des "rats de cave".

 

    En dehors de la râpe, il était possible d'utiliser différents fruits pour produire de la gnôle, notamment des prunes. La variété sainte Catherine était la plus prisée, la reine-claude convenait également ; la mirabelle aussi mais elle donnait peu de jus.

     

     On consommait beaucoup de gnôle autrefois. Les hommes en mettaient dans le café le matin, ainsi qu'au repas de midi, environ un quart de verre à chaque fois. Lors des "batteries" (quand la batteuse venait à la maison pour battre le grain après la moisson), il se consommait beaucoup de gnôle et de guigne. Pour le premier janvier, on allait rendre visite aux gens et on prenait une guigne, c'est-à-dire des cerises conservées dans l'alcool. On pouvait aussi utiliser l'eau-de-vie pour y conserver d'autres fruits, par exemple des prunelles. On faisait du vermouth en mélangeant l'eau-de-vie avec du jus de raisin non fermenté. Il était courant d'offrir une petite goutte au facteur. Entre femmes, c'était généralement une petite goutte qui s'offrait.

 

     L'alcool servait aussi à différents autres usages. Par exemple, si on avait des aphtes, la gnôle s'utilisait pour se rincer la bouche. L'alcool servait comme désinfectant, surtout pour les animaux. Pour les personnes, on pouvait mettre sur la plaie deux fleurs de lis macérées dans l'alcool, on enveloppait le tout et le lendemain on était guéri. Avec des extraits Noirot en petites bouteilles et de l'alcool, on pouvait faire des liqueurs.

     La gnôle était donc vraiment un produit de base, à la fois dans la vie de tous les jours, comme signe de bienvenue envers les visiteurs et pour se soigner.

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