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Le Patrimoine sadébrien

La vie autrefois : la FOIRE D’ANXAUMONT

 

      La foire d'Anxaumont existe depuis bien longtemps. Ainsi en 1792 le conseil municipal de la paroisse d'Anxaumont décide que la foire, qui a lieu tous les ans le 7 mai à un emplacement variable, se tiendra désormais dans l'allée d'ormeaux située au-dessous du cimetière, par accord avec le propriétaire de cette allée. En 1806 un droit de péage est institué afin de rétribuer le curé de Sèvres, qui dessert maintenant aussi la paroisse d'Anxaumont.

     En 1867, Monsieur Doussaint, propriétaire du terrain sur lequel se tenait la foire d'Anxaumont le 5 mai de chaque année, voulait vendre son terrain. Le maire –Monsieur le Comte de Lastic Saint Jal - a consulté le préfet pour s'assurer que le propriétaire ne pouvait pas s'affranchir de la servitude liée à la foire. Le terrain est acquis par Monsieur Alexandre Denis, qui s'engage à fournir à perpétuité à la commune un emplacement de 1,21 hectare pour la foire. Il est prévu que Monsieur Denis jouira du droit de péage de la foire.

     Un incident est survenu en 1868 quand une personne est passée sur la route avec une voiture à cheval et a été obligée de s'acquitter d'un droit de péage alors qu'elle ne venait pas à la foire. L'affaire est passée en justice et la personne a été remboursée de ses 10 centimes – plus les frais du procès.

     En 1893, c'est Monsieur Denis qui est maire. La foire a lieu alors alternativement soit sur un terrain qui lui appartient, soit sur un terrain appartenant à Monsieur Auguste Sabourin. Le conseil municipal fixe les nouveaux tarifs de péage qui seront perçus par les propriétaires des terrains. Ces tarifs concernent les charrettes, les animaux, les emplacements des commerçants.

    En 1894, le conseil municipal note que la foire existe "de temps immémorial". A la même date, le tarif détaillé des péages dresse une liste des animaux qui y sont proposés à la vente : bœufs, vaches, mulets, chevaux, ânes, veaux, cochons, moutons et chèvres. On y trouve aussi une liste des commerçants : bouchers, boulangers, marchands de fouaces, cafetiers et cabaretiers, marchands de fruits et légumes, ainsi que marchands de couteaux, chapeaux, cordes, vaisselle, mercerie, souliers et sabots. Il s'y vendait aussi, bien sûr, les traditionnelles anguillettes. De plus, un parquet pour la danse était installé sur le champ de foire. C'était autrefois une foire très importante, notamment pour la vente des animaux et on y venait de loin.

    En 1894, les terrains sur lesquels se tient la foire appartiennent à Monsieur Denis, Monsieur Sabourin et Madame Bellot. La commune signe un acte notarié avec eux au sujet de la foire. En 1897, le conseil municipal décide qu'à l'avenir la foire se tiendra alternativement sur plusieurs terrains proches les uns des autres et appartenant à ces trois personnes, mais il n'y a pas unanimité au sein du conseil. Puis en 1907, le conseil municipal augmente nettement le tarif des péages.

    En 1915, Messieurs Gerbier, Bellot et Simoneau dénoncent la convention qui les lie à la commune au sujet de la foire en s'appuyant sur le fait qu'elle est prévue pour durer à perpétuité, ce qui est illégal selon eux. Ils refusent désormais de percevoir les droits de péage ainsi que de payer une taxe à la commune. Suite aux poursuites exercées par la commune, les trois propriétaires acceptent de payer les sommes qu'ils doivent pour 1915, 1916 et 1917 et, en 1917, un nouveau bail est signé le 5 mai 1918 pour une très longue durée (98 ans) : les propriétaires s'engagent à mettre leurs terrains à la disposition de la commune pendant 15 jours chaque année ; la commune devra payer une redevance qui sera versée dans la caisse des indigents de la commune ; c'est la commune elle-même qui percevra les péages.

    En 1924, le Préfet demande la nomination d'un vétérinaire qui sera présent lors de la foire pour éviter les risques de contagion concernant en particulier la fièvre aphteuse.

     En 1925, un particulier se charge de percevoir les droits de péage contre une redevance versée à la commune ; on revient donc à l'ancien système. On notera que, bien sûr, ces droits de péage augmentent au fil des années. Alors qu'on payait 0,10 franc en 1806 pour un bœuf, on paie 1 franc en 1940.

     C'est maintenant le comité des fêtes de Sèvres-Anxaumont qui organise la foire. Elle se tient le premier dimanche de mai et on y trouve toujours divers commerçants, dont les marchands d'anguillettes, mais on n'y vend plus d'animaux depuis longtemps. Un vide-grenier a lieu en même temps.

    Mais le bail signé en 1917 pour cent ans est arrivé à son terme en 2017. Alors une page s'est  tournée et la foire aux anguillettes de 2017 a eu lieu Place Sadébria, avec le même succès. Par ailleurs, le terrain est en pleine transformation : au lieu d'un champ de foire, on a maintenant un jardin bio.

 

HAUT  DE  PAGE.

Une vue récente de la foire. La fumée provient du stand du marchand d’anguillettes.

Un marchand d’anguillettes

A la foire d’Anxaumont, on s’approvisionne en plants de fleurs et légumes. C’est la bonne saison pour les plants de tomates.

 Rédaction écrite il y a 60 ans par un élève de l’école primaire de Sèvres-Anxaumont, dans la classe de Madame Texier.

       

 La Foire d'Anxaumont

                                            Jeudi 5 mai 1955

    Depuis un mois, nous songions déjà à la foire, nous avions fait des projets avec mes camarades.

     Nous nous en faisions une joie, car on ne travaille pas, c'est une fête pour la commune entière ; et on y voit tous nos camarades actuels ou anciens.

    Le champ de foire se trouve sur le bord de la route. Quand on entre, à droite on aperçoit les marchands de bonbons, puis une tente avec buvette, un peu plus loin sont installés des marchands de gâteaux de toutes sortes, puis des marchands de chapeaux et aussi de chaussures. A l'extrémité est arrêtée une voiture de quincaillerie qui s'ouvre sur trois faces et montre de beaux butagaz. De l'autre côté, en entrant, on voit des marchands de légumes, d'anguillettes, de gâteaux, de chaussures encore, et de graines de tout genre. Puis le parquet domine le tout, avec, devant, l'étalage d'un marchand de chaussettes. Du côté de gauche, derrière les tentes se trouvent les marchands de bestiaux et de petits "pirons", près d'une grange qui fait buvette.

    Vers onze heures, je rencontre mes camarades Jean-Marie et Michel. Nous faisons deux ou trois fois le tour du champ, puis ne voyant rien pour nous amuser, à midi, nous partons déjeuner chacun de notre côté.

    Mon meilleur souvenir fut au soir ; quelques garçons avaient acheté des chapeaux et en dansant, ils se les prenaient l'un à l'autre ; cela amusa tous les danseurs et moi aussi.

 

                                      Jean C.

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